Rencontre scientifique Pékin Chine
Le temps d’1 tour pédale mais pas tout le temps quand même. Notre pause à Pékin nous a permis de rencontrer 2 scientifiques, travaillant dans le Centre du Réchauffement Climatique Chinois. Nous avons été reçu par Dr Su Buda et Dr Marco Gemmer professeurs en Changement Climatique. Le centre de recherche est situé dans un bâtiment consacré à la pollution de Pékin. C’est un endroit ultra moderne avec un étage consacré aux ordinateurs de calcul. Quand on voit les dimensions de ces bâtiments, on se rend compte de l’importance apportée à ces études. C’était une rencontre très intéressante par plusieurs aspects. La chine, avec son explosion économique des dernières années est un sujet d’actualité pour nous européens . La chine fait deux fois la taille de l’Union Européenne, comprend la plus grande dépression mondiale, Turpan à - 154m (après la mer morte) et les plus hautes montagnes de l’ Himalaya à 8 848m, et est influencée par plusieurs climats. Le climat, tropical au sud, montagnard vers l’ouest, océanique vers Shanghai, désertique vers la Mongolie intérieure, est donc différent. Le sujet de l’impact du réchauffement
climatique sur la vie des populations que nous avons abordé avec nos deux scientifiques est donc excessivement vaste. De nombreux changements climatiques sont sensibles en Chine. Nous avons parlé de la montée des eaux dans la région de Shanghai (40 millions d’habitants menacés) où il y a des zones à 2 m au dessus du niveau de la mer. Nous avons parlé aussi de la désertification au nord de Pékin, de l’avancée du désert de Gobi sur Pékin et des phénomènes extrêmes qui s’enchainent -
Pour n’en citer que quelques uns :
- l En 1998, il a plu 80 cm d’eau en une nuit dans la ville de Wuhan.
- l Dans le nord de la chine il n’a pas plu pendant les premiers 3 mois de cette année 2009, période normalement pluvieuse.
- l Et vous avez même dû vous inquiéter pour nous car grosses inondations dans le sud de la chine et nord Vietnam il y a une vingtaine de jours au mois de mai.
Tous ces événements sont majeurs mais nous avons plus approfondi le problème de l’eau car c’est vraiment le sujet sensible ici.
Il y a en chine environ 700 millions d’agriculteurs, qui sont donc directement dépendants de l’eau. L’eau il y en a beaucoup dans le sud, qui descend directement de la chaine himalayenne, et peu dans le nord. Cette répartition inégale pose des problèmes avec la croissance que connait le nord et la soif d’eau qu’engendre le développement. Le gouvernement imagine d’irriguer le nord avec les fleuves du sud notamment les affluents du Yangtze.
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Les typhons, l’intitulé local pour les ouragans, ont diminué en fréquence mais augmenté en intensité. C’est le phénomène El Nino qui est également appelé pareil ici, qui en est à l’origine. Nous rappelons que c’est la masse d’eau chaude qui perturbe le climat en réchauffant l’air, (explication plus précise dans l’article sur le réchauffement climatique au Pérou et notre rencontre avec Boris Dewitte). C’est intéressant de voir des scientifiques travailler sur le même sujet dans différents endroits du monde car c’est exactement ce que nous avons vu de l’autre côte du pacifique.
Cette dépendance de tant de personnes pour l’eau fait réagir le gouvernement sur le sujet du réchauffement climatique. Nous parlons surtout de la sécurité alimentaire pour 1 500 000 000 de chinois. Et on sait qu’ils réagissent très vite. Plusieurs pistes sont attaquées, éducation à l’environnement, mesures réglementaires pour la circulation des véhicules (utilisées pour les JO de Pékin l’an dernier), construction de parcs d’éoliennes (effectivement nous avons vu des champs d’éoliennes en construction), passage à l’utilisation du nucléaire qui représente 2% de la production électrique (contre 60 % de l’électricité produit par des centrales à charbon), recherche de plantes nécessitant moins d’eau…
Cette discussion nous a d’ailleurs permis d’apprendre que c’est le gouvernement qui « conseille » les paysans sur le type de culture à produire car il connait le marché et que la terre est la propriété de l’état qui la confie aux agriculteurs….
La chine a l’air de bouger très vite pour prendre des dispositions, les résultats sont là, l’air à Pékin s’est énormément amélioré suite aux mesures faites pour les JO. En tout cas nous pensons qu’il faut que ça aille vite car ils viennent de dépasser les états-unis pour la production de CO2….
Retour sur la Thaïlande et le Laos.
Nous n’avons pas rencontré de scientifiques dans ces 2 pays, notre rendez vous avec l’IRD n’ayant pas fonctionné. Il est difficile de présenter un article sur ces pays. Pour autant il y a une chose qui nous a vraiment fait tilter. A vélo nous roulons tout doucement par rapport aux bus et voitures, nous essayons aussi de prendre des axes secondaires. Nous sommes donc passés dans des zone complètement ravagées par la déforestation. Les gens brûlent tout à la technique du brûlis sur des kilomètres carrés, pour planter des bananiers et des papayers. Les zones sont immenses et à vélo on est choqué par le silence des ces zones, d’habitude la nature fait un bruit fou (le silence de la nature on sait pas trop qui l’a inventé)… et là chaleur accablante, l’ombre des bananiers ne sert à rien, si tu te décides de faire une pause tu te fais attaquer par des fourmis mangeuses d’hommes, les seuls animaux qui restent dans ces zones. Même si on sait que la fourmi « croonde » c’est un silence de mort qui pèse pour nous pauvres cyclistes. Bon bien sur on pense surtout aux gens qui restent là et qui doivent maintenant acheter leur bois pour faire cuire les aliments, et ne plus avoir ces si belles jungles naturelles….
Pensée de cyclistes mais aussi mangeurs de bananes…..