Mr Gaye IRD de Dakar

Rencontre avec M. Amadou Thierno Gaye, Directeur du Laboratoire Physique de l ‘Atmosphère et de l’Océan. Lundi 29 décembre.

Nous avons donc eu notre rencontre avec un deuxième scientifique dans les locaux du laboratoire situé au sein de l’école polytechnique de Dakar. Ce scientifique, membre de l’IRD connait notre parrain M. Le Treut et a également reçu le prix Nobel de la paix en 2007 en tant que membre du GIEC. Cette rencontre s’est terminé par la visite du Laboratoire.

Un peu d’histoire pour permettre de comprendre une partie d’un phénomène de société actuelle.

En 1970, une période de sécheresse a débuté dans toute la zone du Sahel. A cette époque l’agriculture était familiale, on cultivait les arachides et le mil, cela suffisait pour nourrir la famille en sus de l’élevage de quelques vaches. La saison des pluies, de mai à juin, était très attendue car en plus de pouvoir faire marcher l’agriculture, elle remplissait les nappes d’eaux souterraines indispensables à la survie des populations. Il ne pleuvait plus donc les populations ont été contraintes de bouger des zones rurales. A cette période un exode massif a commencé vers les zones à fort potentiel économique. La ville de Dakar a donc commencé à pousser dans tous les sens de façon très anarchique. Toutes ces personnes ont commencé à faire des petits boulots mais cela a surtout amené dans la ville énormément de pauvreté car la mégalopole ne pouvait pas être l’eldorado de tous. Aujourd’hui il y a à Dakar énormément de faxman (enfants des rues) qui abandonnés à eux mêmes doivent survivre dans cette jungle urbaine.

Mais cette exode a également amené un autre problème, les campagnes se sont vidées et du temps a passé. Or il repleut dans les sous régions du Sénégal, (phénomène à priori transitoire) et plus personne n’a le savoir-faire pour refaire les cultures ancestrales. Les seules avantages sont que les nappes souterraines se remplissent alors très vite car il n’y a plus de couvert végétal ( l’eau rempli directement les nappes phréatiques).

On observe sur le Sénégal l’apparition de phénomènes extrêmes :

(année : situation climatique du pays) 2005 : inondations, 2006 : sécheresse, 2007 : normal, 2008 : inondation, 2009 : ?

Maintenant Dakar connait de véritables catastrophes naturelles car des personnes ont construit sur des zones autrefois inondables mais oubliées de tous à cause de la sécheresse. De nombreuses nouvelles villes près de Dakar se sont trouvés sous les eaux en 2006 et 2008, Yeumbeul ou Gadaye par exemple.

Comme toutes les villes côtières et comme nous l’avons vu à Nouakchott, Dakar a le risque de se faire grignoter par la montée des eaux. Ruffisque, une petite ville en arrivant sur Dakar a déjà des zones sur lesquelles la population est très impactée. Par exemple l’eau a atteint un cimetière et des ossements ont été découverts sur la plage. La population a été très choquée. Le gouvernement essaie de faire des choses contre ces problèmes mais les résultats ne sont pas là. On voit par exemple des sacs de sable pour empêcher cette érosion.

La ville de Dakar connait aussi de gros problèmes environnementaux liè l’énorme parc de voiture très anciennes. Il y a parfois de gros pics de pollutions, mais heureusement la ville est bien située pour la circulation d’air grâce à l’air marin.

Au niveau des recherches scientifique, le laboratoire fait parti du programme AMMA qui fait collaborer plusieurs pays africains pour comprendre les impacts sur une échelle plus globale. Ce programme fait intervenir des sociologues, des anthropologues et des scientifiques pour pouvoir en plus de comprendre le phénomène, et sert a imaginer des solutions d’adaptation au réchauffement climatique.