Mauritanie, Mr Lafda
Dimanche 21 décembre dernier nous avions rendez vous à Nouakchott avec Mr Mohamed Yahya Lafda Ministre délégué auprès du premier ministre chargé de l’environnement et du développement durable. Mr Lafda nous a reçu dan son bureau du ministère en compagnie de deux de ses collaborateurs.
Nous avons filmé la rencontre pour notre retour mais voici déjà un compte rendu de l’entrevue.
Mr Lafda a abordé l’entretient par une présentation de la Mauritanie. Nous avons parlé des parcs nationaux homologués par l’UNESCO. Il s’agit du parc du banc d’Arguin, au nord et de Diawling, au sud transfrontalier avec le Sénégal. Le banc d’Arguin serait l’endroit ou le radeau de la méduse, rendu célèbre par le tableau de Théodore Géricault, ce serait échoué.Il est également question du Richât. Un cratère de 40 km de diamètre visible de l’espace. Plusieurs théories sont avancées notamment celles d’un volcan avorté ou d’un cratère de météorite. Avec un potentiel biologique très spécifique avec une faune sauvage très spéciale mais en risque d’extinction. Un projet de réserve est en cours de réalisation.
Plus précisément sur le réchauffement climatique, Mr Ladfa nous explique que l’IRD (Institut de Recherche pour le Développement) n’est pas présent, c’est l’enseignement supérieur et les université (1 nationale et 3 publiques) institut mauritanien de recherche océanographique et de pêche qui se charge des mesures sur les effets éventuels. Mais le plus souvent les recherches sont faites par des consultants externes.
La Mauritanie n’est pas tenue aux respect des mêmes engagement que les pays européens. Il n’y a pas d’obligation particulière en terme de séquestration de gaz à effet de serre. Ce pays, comme beaucoup en Afrique de l’ouest sont essentiellement vouées à la composante adaptation.
Déjà fortement touchée par la sécheresse et la désertification dans ses zones agricole, le plus grand enjeux pour ce pays porte sur sa capacité à répondre aux changement climatiques qui dont les principaux effets sont la raréfaction des précipitations et l’érosion côtière combinée à la montée des eaux.
La perturbation des saisons est observée déjà depuis quelques dizaines d’années. Cette perturbation se traduit par l’arrivée des pluies tardives et plus faibles. Pour essayer d’endiguer ce phénomène dont l’enjeu est cruciale pour ce pays. Le gouvernement essaye d’adapter son agriculture et
les équipements mais, pour le moment, rien de réellement efficace n’a été mis en œuvre.
De plus les « forêts » présentes au sud du pays sont menacées à cause des besoins en combustible des populations. En effet, le combustible forestier est la principales source d’énergie pour les besoins domestiques. Le bois qui vient du sud du pays et extrait de zone forestière déjà très peu boisées .
La disparition vient des effets entropiques; l’avancée du désert et le braconnage. Les gens trouvent toujours des astuces pour mettre du charbon sur le marché. L’une consiste a dire qu’il provient du bois mort carbonisé et le second, qu’il vient d’arbres coupés pour rendre des terres cultivables et le défrichement. Mr Ladfa nous confit que « si tous les défrichements qui on eu lieu avaient été suivit de mise en valeur agricole, alors le pays n’aurait même plus besoin de charbon ». Quelques programmes de reboisement ont été mis en œuvre mais il les qualifie de reboisements cosmétiques ou folkloriques.
Il nous confit que quand pour les gens, la principale préoccupation et de trouver quelque chose à manger, alors les problèmes environnementaux liés à la cuisson deviennent secondaires.
Le deuxième point important est celui de l’érosion côtière. Aggravée par la montée des eaux, cette menace s’avère être importante pour certaines zones habitées. La Mauritanie est un état côtier, une grande partie de l’ouest du pays borde l’océan Atlantique entre le Sahara occidental et le Sénégal. Une partie du territoire Mauritanien se situe sur des zone de dépression. C’est à dire au dessous de niveau de la mer. Des zones de sédimentation protègent ces zones de dépression grâce à la bande de dunes qui les forment. La ville de Nouakchott, bâtie au dessous du niveau de la mer par endroit, est directement menacée par ces incursions marines sur les littorale. Avec la montée des eaux, les inondations pourraient alors détruire une parti de la ville. Le risque est d’autant plus élevé que le développement de la capitale se fait de façon relativement anarchique.
Nous nous sommes également intéressé à l’utilisation des énergies renouvelables dans le pays à Mr Ladfa reconnait qu’il y a un fort potentiel pour la Mauritanie au niveau des énergies renouvelables surtout avec l’éolien et le solaire. Il y a des études de faites, mais pas de projet concret jusqu’à présent. Le seul projet concret est pour Nouadibou, Nouakchott et Rosso pour l’éolien avec même le moyen, si ils venaient à se concrétiser, de revendre l’électricité. Le frein à la réalisation du projet est qu’il n’y a pas encore de bailleur de fond et d’opérateurs privés prêts à investir. Pour le moment le solaire est surtout utilisé à l’échelle domestique voir à l’échelle d’une entreprise.
L’aide des pays du nord est de plus en plus forte pour les projets d”adaptation aux changements climatique. 4 millions UM (120 000€) ont été investis pour l’agriculture, 1 million UM (30 000€) pour le développement des ampoules à faible consommation et 1 million UM pour développer la régénérescence des forêts. Mr Ladfa souligne que ce problème d’actualité, occulte les problèmes de désertification qui ne mobilisent plus la même entraide de la part des pays du nord.
Nous retiendrons que la Mauritanie est un pays en développement dont le profil environnemental très spécifique du fait de sa superficie importante, sa zone désertique et sa faible pluviométrie sur une importante partie du territoire. Il est difficile pour un ministère délégué à l’environnement de se faire entendre dans un pays ou la préoccupation ne porte pas pour l’instant sur l’environnement mais sur les besoins primaire de sa population. On observe cependant une prise de conscience marquée par la création d’un ministère et la représentation du pays dans les discussions internationales.

