IRD en Argentine, rencontre avec Valeria Hernandez
Nous avons rencontré Valeria Hernandez lors de notre passage à Buenos Aires début Janvier. Madames Hernandez est anthropologue à l’IRD d’Argentine. L’IRD (Institut de recherche pour le développement) est très présent en Amérique du sud.
Les problèmes étudiés par l’IRD sont très liés aux ressources et donc à l’agriculture dans le pays. Des ressources qui peuvent être impactées par les changements climatiques.
Le pays est l’un des plus grand producteur de bétail au monde et le troisième plus grands producteurs de Soja après les États-Unis et le Brésil. Ces ressources sont très liées aux problèmes de l’eau. Le soja, qui dépasse désormais de loin les autres cultures, est produit essentiellement pour l’exportation et en particulier pour le marché Chinois. Valeria Hernandez nous explique que le soja est vendu plus chère mais il nécessite trois fois plus d’eau par tonne produite que pour le maïs. C’est une façon pour certains pays d’économiser des tonnes d’eau en achetant du soja et en utilisant des cultures moins gourmandes en eau. Le pays connait actuellement une importante sécheresse et certains fleuves destinés à l’irrigation ne font plus qu’un mètre au lieu des trois mètres habituels.
Le pays est d’autant plus vulnérable aux problèmes de l’eau que l’essentiel de sa production d’énergie
vient des barrages hydroélectriques.
Le bétail est également très vulnérable face à la sécheresse. L’argentine a déjà perdu en un an 1,5 million de bovins, selon l’Institut national de technologie agricole (INTA) et 1,8 million selon la Confédération des coopératives agricoles (CONINAGRO) sur un total d’environ 50 millions. Nous même, lors de notre passage, nous avons peu observer des carcasses de bovins en bordure de route.
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Mais à qui la faute, au réchauffement climatique ou pas ?
Les climatologues ont fait des études du point de vue climatologique. Ils ont déjà observé un changement climatique dû au réchauffement de la planète. Le effets de ce réchauffement sont, pour le moment, atténués par un cycle climatique court appelé cycle humide. Ce cycle humide devrait, selon les experts, se terminer dans les 5 années qui viennent. On pourra alors s’attendre à voir des effets du réchauffement plus importants. Néanmoins on observe déjà des événements climatiques extrêmes comme des tempêtes et des sécheresses de très fortes intensités.
Le travail de l’IRD en Argentine:
Comme nous l’avons expliqué, les climatologues ont déjà réalisé des études sur les changements climatiques dans le pays. L’IRD a désormais comme objectif d’évaluer la vulnérabilité des populations dans le pays et de proposer des politiques d’adaptation, ceci en collaboration avec les politiques et les producteurs locaux.
Une équipe de 20 chercheurs composée d’anthropologues et de sociologues enquête dans trois zones du pays afin d’obtenir une bonne représentativité de l’ensemble des producteurs. Des enquêtes qualitatives et quantitatives sont réalisées puis mises en commun avec les pays voisins pour en mesurer leur pertinence. Les enquêtes sont faites en étroite collaboration avec les acteurs locaux « afin d’éviter de faire des politiques bien pensées mais que personne ne comprend et ne s’approprie» nous confie Madame Munez. Ces enquêtes ont commencé le 26 janvier dernier, il faut attendre les résultats pour s’exprimer clairement sur un rapport entre le réchauffement climatique et les effets sur la population. Nous restons en contact avec Valeria Hernandez afin d’obtenir le résultat de ses recherches.
