2 pays, déjà des changements
Le thème de notre tour du monde à vélo est donc la recherche des impacts des changements climatiques sur la vie des populations. C’est notre premier article traitant de ce sujet. Pour ce fait, nous rappelons que nous aborderons cette problématique sous deux angles différents. Nous parlons au présent car ça y est nos investigations ont commencé.
Le premier angle est que nous rapportons ce que nous disent les personnes que nous croisons. Nous leur posons des questions sur les changements qu’ils observent dans leur environnement local et au bout de 2 pays, l’Espagne et le Maroc (pour ceux qui ne nous suivent pas régulièrement…), nous avons déjà eu quelques exemples concrets, ce qui nous encourage à continuer dans cette voie. Nous rajoutons également nos sentiments personnels sur ce que nous voyons. Nous développons nos exemples un peu plus bas.
Le deuxième angle de notre démarche est aussi de relater le travail de scientifiques travaillant sur ce domaine dans les pays que nous allons traverser. Nous avons sur notre parcours un peu plus de 10 scientifiques qui ont accepté de collaborer avec nous. Nous avons un peu défini ce que nous verrons avec eux. Les résumés et les scientifiques que nous allons rencontrer sont listés dans notre rubrique de notre site internet « les scientifiques ». La première personne que nous allons rencontrer est le Directeur de l’environnement Mauritanien à Nouakchott dans environ 15 jours. Donc pour le moment nous vous relatons les changements que les populations disent avoir ressenti.
En Espagne d’abord, le problème récurrent est l’eau. Un monsieur que nous avons croisé dans les plaines des montagnes au dessus de Carthagène disait bien que son village auparavant n’avait absolument aucun problème en eau et que maintenant il voyait que sa région s’asséchait de façon très visible.
Nos observations sur le problème de l’eau :
- Tous les espagnols n’ont pas accès à l’eau potable chez eux. Nous sommes allé dans un village qui nous a d’ailleurs accueillis dans les vestiaires du stade de sport municipal. Dans ce village, les personnes vont chercher de l’eau potable avec une carte magnétique et individuelle. Les gens viennent donc se servir avec des bouteilles et des bidons.
- Dans la plupart des stations services, une différence par rapport à la France, c’est que toutes les stations sont équipées en libre service avec une fontaine d’eau pour les voitures….mais que cette eau n’est pas potable… quand on pense que en France l’eau qui remplit nos toilettes est bien potable!
- Les plans de légumes poussent sous serre pour éviter de perdre de l’humidité donc de l’eau dans les plantations.
- En Espagne ils construisent aussi des usines de dessalement d’eau de mer, nous en avons croisé au moins 3 en activité, nous sommes passés à côté du chantier de la plus grande usine de dessalement d’Europe au dessus d’Alméria . Ce problème de l’eau peut aussi être lié aux manque d’infrastructures, à la surexploitation des sols et à un demande en eau de plus en plus grande mais là n’est pas notre débat, nous relatons juste les impressions des gens et ce que nous voyons.
Au Maroc maintenant. Nous sommes à Agadir en ce moment et nous allons attaquer une partie désertique du Maroc. La première impression que nous avons depuis que nous venons d’arriver est l’incroyable vert des paysages, on voit des fleurs jaunes type « bouton d’or » de partout. Pourtant nous sommes au mois de novembre et c’est un paysage que nous devrions voir au printemps au mois de mars/avril nous disent les gens d’ici. En fait il a plu énormément 10 jours avant que nous arrivions, à tel point qu’il y a eu des inondations et des dégâts très visibles vers la zone de Mellila Nador, la zone par laquelle nous avons accosté en venant d’Espagne. Nous avons lu un article dans le journal local (écrit en français) qu’il y avait eu 60 morts dans cette zone là et que cela faisait 40 ans qu’il n’avait pas plu autant. Nous avons également dormi une nuit près de gourcif où des champs étaient couverts de boues à cause d’un débordement de rivière.
Dans la zone que nous venons de traverser dernièrement de Casablanca à Agadir on peut observer des dizaines de camions foreurs d’eau. Nous nous sommes alors intéresssés et nous avons interrogé un marocain tenancier d’un petit café pour nous parler des impacts du réchauffement. Nous avons été très chanceux car cette personne était très sensible à tous ces nouveaux problèmes. Les premiers signes du réchauffement ont été ressentis en 1993 lorsque les saisons ont commencé à se dérégler. Ainsi il nous dit que ça fait maintenant 4 ans qu’il peut y avoir une grosse pluie en été, une vague de chaleur en plein hiver. Il fait soit chaud, soit froid mais il n’y a plus d’intermédiaire. Le vert que nous voyons est donc nouveau pour les marocains aussi. Nous avons ensuite embrayé sur les techniques pour trouver de l’eau. En général le propriétaire d’un terrain appelle donc un foreur d’eau qui peut aller avec tout son équipement chercher si il y a de l’eau à plus de 150 m. Le prix du mètre foré est de 100 euros, les gens forent généralement vers les 100m donc le prix d’un accès à l’eau est assez élevé. Ensuite si le foreur a trouvé de l’eau dans les 20 m, le propriétaire peut choisir de faire construire un vrai puit mais si c’est plus profond il devra alors installer une pompe pour soutirer l’eau du sous sol.
Voilà donc les premières observations que nous pouvons noter sur notre recherche des changements climatiques. Nous espérons que cela vous intéresse, si vous avez des réactions sur tel ou tel sujet, vous pouvez nous contacter sur notre mail.